4 Octobre 2008
Le cléricalisme
ancien avait la bedaine ostensible. Il aimait à parader avec les traîneurs de sabre. Il avait su se rendre indispensable aux puissants par sa gestion abêtissante de multitudes en haillons. Ce
cléricalisme-là affichait haut et clair son appétit de pouvoir temporel! Et puis, au XVIIIe siècle, la bourgeoisie, cette engeance du diable, est venue troubler cet ordonnancement millénaire
des choses en revendiquant sa part de gâteau à la grande table du pouvoir. Les rois, les hobereaux et les cléricaux refusèrent de partager et la bourgeoisie, en s’appuyant sur le peuple, leur
fit mettre un genou en terre. L’heure de la république, de la séparation de l’Église et de l’État, et de la laïcité, avait sonnée. Un temps, le cléricalisme ancien essaya de faire tourner à
l’envers la pendule de l’Histoire. Sans grand succès. Et puis… Et puis, il y a un siècle, le cléricalisme moderne s’est rallié à cette évidence: “Tout peut changer sans que rien ne change”. La
république, la laïcité…, si on ne peut pas les faire exploser de l’extérieur, il convient de faire semblant de s’y rallier pour pouvoir les faire imploser de l’intérieur. La doctrine sociale de
l’Église était née! [...] Toujours profondément réactionnaire et totalitaire, l’Église, selon la vieille tactique “plusieurs fers au feu”, a su s’adapter à la situation et, via notamment les
chrétiens de “gauche”, la CFDT…, avancer masquée quand il n’était pas possible d’avancer à visage découvert. Ce livre nous décrit par le menu un des aspects mal connus de cette stratégie: celui
de la mainmise cléricale sur une fraction du mouvement ouvrier. [...] Que ce livre magistral ait obtenu le grand prix “Ni dieu, ni maître” 2008 n’étonnera donc que ceux qui s’étonneront
toujours de tout pour ne s’être jamais étonnés d’eux-mêmes!