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Syndicat Employés et Cadres du COMMERCE FO 91

Syndicat Employés et Cadres du COMMERCE FO 91

Vous êtes sur le BLOG du Syndicat FO des Employés et Cadres du Commerce de l'Essonne.Une seule condition pour adhérer à notre syndicat : "être salarié dans le commerce non alimentaire et travailler en Essonne" - focommerce91@gmail.com

Les Pimkie ont bravé le mépris de la famille Mulliez

19 JOURS DE GRÈVE

Des licenciements pour être encore plus riche, d’un côté, une indemnité de départ au rabais pour les virs.jpgsalariés, qui ont fini par arracher le double. Reste l’emploi, à l’ordre du jour de prochaines négociations.

«C’est pas mal.» Anne Fascella, déléguée syndicale FO à Diramode, le siège de Pimkie, dans le Nord, a attendu que les salariés se soient prononcés sur l’accord signé dans la nuit pour commenter avec beaucoup de retenue et d’émotion le compromis arraché après dix-neuf jours de grève: une indemnité de départ multipliée par deux. Ils venaient de voter la reprise du travail à une large majorité.

foh292413012010.jpgLe 6 janvier à 4h du matin, l’intersyndicale FO et CFDT avait arraché un «chèque-valise» de 20 000 euros –contre les 10 000 voulus par la direction, plus 1 000 euros par année d’ancienneté– contre 550, y compris pour les départs «volontaires». Était également obtenu un congé de reclassement de six mois –de huit pour les plus de 50 ans– et un budget de formation de 4 000 euros par personne. L’accord précise aussi qu’il n’y aura «pas de licenciement pour les salariés de plus de 57 ans, sauf s’ils se portent volontaires ». Restait le paiement des heures de grève, refusé jusqu’à la dernière minute par la direction. Finalement, douze jours seront payés.

 

Si le travail a repris jeudi, de nouvelles négociations sur le plan «social» étaient prévues les 12, 13 et 14 janvier. «Il est injustifié, souligne Maley Upravan, déléguée centrale de FO. Nous ferons tout pour empêcher un maximum de licenciements.»

Pimkie-France, enseigne de prêt-à-porter féminin pour les 15-25 ans, est la propriété de la famille Mulliez, première fortune hexagonale en 2009. Or c’est dans le courant de cette même année qu’elle a annoncé 138 suppressions d’emplois sur 270, soit un poste sur deux, dans ses entrepôts de Wasquehal et Neuville-en-Ferrain, à dix-sept kilomètres l’un de l’autre, près de Lille, et 52 au siège.

RESTRUCTURER POUR MIEUX DÉLOCALISER ?

La direction justifie ses choix par «l’érosion des bénéfices sous l’effet d’une concurrence accrue». Faux, répondent les syndicats et leur expert: le groupe a fait quelque 10 millions en 2008 et l’on sait que 2009 aura été meilleure. En fait, derrière cette restructuration se profile une délocalisation. Le groupe ne cache pas sa volonté d’ouvrir trois entrepôts, en Allemagne,

Espagne et Italie, abandonnant Wasquehal et Neuville, dépôts logistiques d’où part actuellement toute la marchandise.

Les discussions sont donc serrées quand, début décembre, les Pimkie apprennent que chez Xanaka, autre entreprise Mulliez licenciant, les salariés partent avec 20 000 euros. C’est le grain de sable. Le 19, les salariés se mettent en grève, tandis qu’à Wasquehal et Neuville sont mis en place des piquets de grève.

Ils ne bougeront pas pendant dix-neuf jours, même les nuits de réveillon. «Ces femmes (le personnel est surtout féminin –NDLR) ont laissé leurs proches ces soirs-là, relate Anne Fascella, c’était affreusement dur, mais à aucun moment la direction n’est venue nous voir, comme si elle nous méprisait.» En attendant les prochaines négociations, le compromis du 6 janvier a permis aux grévistes de braver le mépris.

 

Extrait de :

F o r c e  O u v r i è r e  h e b d o m a d a i r e  N ° 2 9 2 4 - 1 3 j a n v i e r 2 0 1 0

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