Ikea France : appels à la grève immédiate

Certains magasins tournaient toutefois au ralenti en raison d'un mouvement social demandant une augmentation collective de 4%. Les syndicats se disent déçus par les propositions de la direction.

Le climat social est toujours tendu chez Ikea France, jeudi 11 février.  Les syndicats d'Ikea France ont appelé jeudi 11 février au soir les salariés du groupe à une grève immédiate dans les magasins du groupe, se disant "déçus" des propositions d'augmentation de salaire de la direction.
"J'appelle à la grève dès ce soir si possible et à une grève massive samedi", a déclaré Sébastien Heim, délégué syndical central FO. Il a précisé que les magasins de Paris-Nord, Franconville, Evry, Thiais, Grenoble, Montpellier, Rouen ou encore Rennes devraient être touchés ce week-end. "Je reste au siège jusqu'à ce que les négociations reprennent", a-t-il ajouté. Même son de cloche du côté de la CFDT et de la CGT.
La direction propose "2% d'évolution de la masse salariale dont 1% d'augmentation collective", selon Pierre Deyries, directeur de la communication d'Ikea France. "C'est aux organisations syndicales de réfléchir à cette offre", a-t-il poursuivi. Selon la direction, des débrayages étaient en cours en fin d'après-midi à Plaisir, Vélizy et Hénin-Beaumont.

Des ouvertures de magasins perturbées

Tous les magasins Ikea avaient ouvert leurs portes dans la matinée, selon la direction, les syndicats indiquant toutefois que les magasins de Plaisir (Yvelines) et Franconville (Val-d'Oise) tournaient "au ralenti" dans l'attente de la réunion de négociation sur les salaires. Organisée depuis lundi par sept syndicalistes de FO réclamant une hausse de la rémunération des salariés, l'occupation du siège du groupe à Plaisir (Yvelines) a été temporairement levée mercredi vers 23 heures afin de permettre la tenue de la réunion de négociation annuelle obligatoire (NAO) sur les salaires, initialement prévue mercredi matin et repoussée à jeudi 14 heures par la direction, qui réclamait en préalable la libération du bâtiment.
Un mouvement de grève et des débrayages touchaient depuis samedi plusieurs magasins Ikea en France.
Selon la direction, des perturbations en raison de débrayages ont eu lieu mercredi dans les magasins de Paris-Nord, Franconville (Val-d'Oise), Thiais (Val-de-Marne) et Saint-Priest (Rhône).
Le magasin de Plaisir, devant lequel s'étaient rassemblés une cinquantaine de salariés, a ouvert ses portes à 15 heures.

"Les augmentations de salaires ne suivent pas"

"Ikea France dégage toujours des bénéfices énormes, les augmentations de salaires ne suivent pas et les conditions de travail sont exécrables", dénonçait mardi Jean-Paul Barbosa, CFDT et membre du comité européen, qui citait notamment les "CDD pas reconduits", "la baisse de 15 à 20% des heures travaillées en caisse depuis l'arrivée des caisses rapides" et "l'augmentation de la mutuelle". "Les salariés travaillent le dimanche, majoré à 115%, non par choix mais pour survivre", ajoutait-il.
De son côté, Ikea faisait valoir la "possibilité de choisir chaque année son temps de travail (33 ou 35H)" et "une politique de rémunération construite dans le temps" avec un 13e mois, un "minima le plus bas pour 35H à 1.464,57 euros mensuel brut" et "un plus participation et une prime d'intéressement" qui représenteraient en moyenne deux mois de salaire.

La direction s'est pour l'instant engagée à consentir une augmentation moyenne de 1,2% sur la base de hausses individuelles ou au mérite, sans augmentation générale. Mais les syndicats réclament aussi une augmentation collective (appliquée uniformément à tous les salariés) de 4%.

http://www.challenges.fr/actualites/entreprises/20100211.CHA1303/ikea_france__appels_a_la_greve_immediate.html