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Syndicat Employés et Cadres du COMMERCE FO 91

Ikéa au cœur de la tourmente

Social. Ikéa est montré du doigt pour avoir fait appel à des officines espionnant salariés et clients du groupe, au moyen d’une utilisation frauduleuse des fichiers de la police.

 

 

Flicages, fichages, barbouzeries… Depuis mercredi l’enseigne suédoise d’ameublement se trouve au cœur d’une affaire que l’on pourrait croire sortie du roman de George Orwell, 1984. La filiale française du groupe Ikéa surveillerait-elle ses salariés ? D’après les éléments dévoilés par le Canard enchaîné et Médiapart, la réponse ne ferait aucun doute. Des dérives qui ne se limiteraient pas aux employés d’Ikéa, mais concerneraient également des clients et même de « simples promeneurs ». Le syndicat Force ouvrière (FO), vient de porter plainte.

Ikéa is watching you

L’affaire remonte à plusieurs années, fin 2003, où un accord aurait été passé entre Ikéa France et  Sûreté internationale, une société de sécurité. Intitulé stic, l’accord entre les deux parties aurait été de « passer au peigne fin » la vie privée des salariés du groupe, au moyen d’un accès privilégié, pour « quatre-vingts euros par consultation », à plusieurs bases de données de la police, dont le « plus grand fichier », celui du Stic (système de traitement des infractions constatées). Des détails que révèle Médiapart, en mettant en ligne des échanges de courriers électroniques entre le directeur de la sureté d’Ikéa et le responsable de Sûreté internationale.

Le responsable de la sécurité de l’enseigne aurait demandé plusieurs informations sur des salariés ou postulants à l’embauche. Mais pas seulement. Plusieurs clients, en litiges ou simplement stationnés sur l’un des parkings d’Ikéa auraient fait l’objet de recherches.

« Son discours est antimondialiste, ses méthodes « vieille garde CGT » (se bouchent les oreilles et répètent sans cesse la même chose concernant ses acquis). Syndicalisme ? Correspond pas trop au profil de sa dame. Prosélytismes divers ? Atac ou autres ? Risque de menaces écoterroristes ? »

« J’ai besoin de connaître l’état de son casier et surtout son train de vie, en effet notre amie roule en BMW décapotable neuve et ce jeune homme aurait un train de vie supérieur à ses revenus (habits, sorties, etc.) »

« Personne en embauche sur le magasin de Paris-Nord. Merci de me donner son casier. »

« Possible de savoir qui est le propriétaire de ce véhicule, svp ? »

Des pratiques condamnées immédiatement par la direction France d’Ikéa, qui entend « faire toute la lumière » sur ce « flicage » envers son personnel et ses clients. « On désapprouve de façon claire et vigoureuse toutes ces pratiques illégales qui peuvent porter atteinte à des valeurs importantes » comme le respect de la vie privée, a déclaré le directeur de la communication du groupe à l’AFP. En attendant que lumière soit faite, le directeur de la sureté d’Ikéa a été mis en congé de ses responsabilités. En effet, le soir même des révélations du Canard enchaîné, l’avocat de l’Union départementale FO de la Seine-Saint-Denis, a déposé une plainte pour « utilisation frauduleuse de données personnelles ».

Un modèle à la suédoise ébranlé 

Une affaire qui fait tâche, au moment même où la filiale française du groupe Ikéa déploie sa nouvelle campagne publicitaire pour fêter son trentième anniversaire : « Trente ans de vie commune, c’est un beau début ». Jusqu’alors, la marque suédoise était connue pour son modèle social à la scandinave, valorisant davantage ses employés, membres d’une « grande famille », comme l’indiquait le livret d’accueil remis à chaque nouveau salarié. La « chère famille Ikéa », comme l’appelait son fondateur, Ingvar Kamprad, à chaque message de Noël, avait même reçu l’équivalent du chiffre d’affaires mondial réalisé par l’entreprise, un samedi de l’année 1999.

 

Depuis, rien ne semble bouger pour les salariés d’Ikéa en Essonne. « Nous n’étions pas au courant de ces agissements », témoigne Stéphanie Decasse, la représentante FO au magasin de Lisses, sans pour autant être étonnée par les derniers événements, pointant les mobilisations de 2010. Cette même année, la marque devait faire face à une grève sans précédent dans son histoire. Avec vingt-trois magasins sur vingt-six fermés le samedi 27 février 2010, les syndicats exigeaient une hausse conséquente des salaires.

http://essonneinfo.fr/91-essonne-info/21148/ikea-au-coeur-de-la-tourmente/

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