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Syndicat Employés et Cadres du COMMERCE FO 91

Syndicat Employés et Cadres du COMMERCE FO 91

Vous êtes sur le BLOG du Syndicat FO des Employés et Cadres du Commerce de l'Essonne.Une seule condition pour adhérer à notre syndicat : "être salarié dans le commerce non alimentaire et travailler en Essonne" - focommerce91@gmail.com

« Il y a un ras-le-bol des salariés »

Propos recueillis par Catherine Gasté-Peclers | 25.08.2008, 07h00
http://www.leparisien.fr/economie/il-y-a-un-ras-le-bol-des-salaries-25-08-2008-168864.php

Jean-Claude Mailly, secrétaire général de FO, donne le coup d'envoi de la rentrée sociale. Pouvoir d'achat, temps de travail, services publics... Il dénonce l'immobilisme du Medef et en appelle au gouvernement pour mettre en oeuvre la prime transport.

JEAN- CLAUDE MAILLY fait sa rentrée. Le secrétaire général de Force ouvrière s'exprime sur tous les dossiers d'actualité et met en garde le gouvernement contre un mécontentement rampant.

La « rentrée sociale » s'annonce-t-elle chaude ?

Jean-Claude Mailly . Tous les indicateurs sont au rouge.

L'emploi, le pouvoir d'achat, les salaires, mais aussi la production industrielle, la croissance, les exportations... Et les salariés ont le sentiment d'avoir un horizon bouché. Sans compter leurs inquiétudes concernant la retraite et l'assurance maladie.

Allez-vous tenter une mobilisation à l'automne ?

Pour le moment, il n'y a pas de concertation de prévue avec les autres confédérations. On verra dans les prochaines semaines. Mais pas sur n'importe quoi ni à n'importe quelles conditions. Nous ne sommes pas, a priori, partisans de journées d'actions à répétition. Perdre une journée de salaire sans rien obtenir, les salariés sont usés par cela. Mais le jour où ils bougeront, ce sera dur.

« Le respect de l'obligation annuelle de négocier les salaires, c'est du vent ! »

Le gouvernement veut mener ses réformes jusqu'au bout.
Qu'en pensez-vous ?

L'intervention du Premier ministre, il y a une semaine, est une opération de communication et surtout un aveu d'impuissance. Il n'a rien annoncé de nouveau. Cela signifie que le gouvernement considère qu'il n'a pas de marge de manoeuvre. Or la situation est préoccupante. Si la France enregistre encore un trimestre de croissance négative, nous serons officiellement en récession. La ministre, Christine Lagarde, a déjà indiqué que le troisième trimestre ne serait pas bon. Quand on est en récession, on n'attend pas. On prend des décisions.

Lesquelles attendez-vous ?

Il faut s'attaquer au problème du pouvoir d'achat des Français. Depuis un an, dans le privé, les salaires de base ont perdu 0,5 % de pouvoir d'achat. Que peut faire le gouvernement ? Dans le secteur privé, il peut conditionner les exonérations de charges sociales à la signature d'accords de salaires. Le respect de l'obligation annuelle de négocier, c'est du vent ! Il peut aussi accorder un coup de pouce au Smic. Dans le public, il est radin.

A propos de la prime de transport, la présidente du Medef vient d'exprimer ses « réserves ». Ce projet peut-il encore aboutir ?

Il s'agit d'une revendication de FO. Dès le lendemain de l'annonce en juin, j'ai écrit aux trois organisations patronales. J'ai eu deux réponses positives de la CGPME et de l'UPA pour engager des négociations. Quant au Medef, j'ai eu une fin de non-recevoir le 22 août, M m e Parisot nous renvoyant sur des négociations d'entreprises, de branches ou sur l'Etat. Je demande donc, dès maintenant, au gouvernement de mettre cette mesure en application (lire ci-dessous) .

Qui paiera ?

Les employeurs, bien sûr, avec déduction fiscale. C'est déjà le cas en Ile-de-France. Ils doivent payer la moitié de la carte orange. D'autres régions le font aussi. Il suffit d'étendre ce dispositif avec un élément nouveau : c'est de permettre aux salariés qui ne peuvent pas prendre les transports collectifs de pouvoir utiliser cette prime pour payer les frais d'essence.

Quels sont les autres sujets sur lesquels FO va se mobiliser ?

Les fermetures de services publics. Avec les hôpitaux, la Poste, la carte judiciaire, le gouvernement va s'attaquer aussi aux sous-préfectures. Il va y avoir des suppressions vraisemblablement en nombre important de sous-préfectures. J'en ai la confirmation. Cela va à terme, contrairement aux affirmations du Premier ministre, conduire à la suppression des départements. Si demain il n'y a plus aucun lien entre l'administration d'Etat au niveau départemental et l'administration nationale, de fait les départements n'existeront plus. La fédération FO a prévu une journée d'action le 2 octobre. Avec la réforme de l'Etat, la remise en cause du paritarisme et la représentativité, on est en train de dépecer la République. C'est un danger majeur. Nous avons aussi des craintes sur l'avenir de l'assurance maladie, comme sur l'assurance chômage.

Où en est la négociation de l'Unedic ?

On n'a toujours pas de date d'ouverture. J'ai le sentiment que certains ne sont pas pressés, y compris dans le camp syndical. Et du côté du Medef, on ne sait toujours pas qui sera le négociateur. Il y a urgence : on doit régler la question de l'indemnisation des chômeurs et celle des saisonniers.

Et la formation professionnelle ?

Là encore, il n'y a pas de date. L'une de nos craintes dans cette négociation, comme pour l'assurance chômage, c'est que l'Etat essaie à cette occasion de récupérer de l'argent.

« Peu de chefs d'entreprise demanderont à renégocier les accords sur les 35 heures »

Quelle sera la position de FO dans les entreprises qui voudront renégocier les accords sur les 35 heures ?

Sur le forfait cadre, nous n'accepterons pas de monter au-delà de 218 jours. Et si les négociations conduisent à dégrader la situation des salariés, nous nous y opposerons. Je ne suis pas persuadé qu'il y ait beaucoup de chefs d'entreprise qui demanderont d'ouvrir des négociations, parce que cela a été très difficile au moment des 35 heures. Et surtout parce qu'ils considèrent qu'ils ont déjà obtenu de la flexibilité.

Les syndicats ont perdu sur les 35 heures et sur les retraites. Avez-vous une réelle capacité à mobiliser ?

Le gouvernement a profité de la désunion syndicale. Mais je ne suis pas pessimiste. Il y a un ras-le-bol des salariés. Il ne faut pas grand-chose pour qu'un mouvement se déclenche.

Nicolas Sarkozy a déclaré cet été : « Quand il y a une grève, personne ne s'en aperçoit »...

C'est une provocation. Cette déclaration lui reviendra en effet boomerang. Aux prochaines manifestations, je suis sûr qu'il y aura des banderoles pour lui répondre. Il a joué aux apprentis sorciers.

 

Le Parisien

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