Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Syndicat Employés et Cadres du COMMERCE FO 91

Syndicat Employés et Cadres du COMMERCE FO 91

Vous êtes sur le BLOG du Syndicat FO des Employés et Cadres du Commerce de l'Essonne.Une seule condition pour adhérer à notre syndicat : "être salarié dans le commerce non alimentaire et travailler en Essonne" - focommerce91@gmail.com

Citoyens-combattants, Paris 1848-1851

Louis Hincker Éditions des Presses Universitaires du Septentrion, 352 pages, 24 euros

Présentation de l'éditeur.

Si l’on sait que, de 1848 à 1851, la “journée insurrectionnelle” est autant valorisée que stigmatisée, les participants aux barricades parisiennes sont encore mal connus. L’approche sociobiographique éclaire ce que participer veut dire et représente aux yeux des protagonistes des journées révolutionnaires. La révolution de 1848 est un moment d’entrée en politique de milieux sociaux relégués jusque-là à la marge de l’espace public. La répression des journées de juin définit le processus inverse de leur sortie de la participation citoyenne. Aussi, cette étude souligne ce que fut l’apprentissage de l’illégitimité de la culture des armes du “citoyen-combattant ”. [...] Ce livre apporte une nouvelle compréhension des « milieux populaires» des années charnières du XIXe siècle, à partir d’un vaste corpus de requêtes envoyées par la suite aux autorités. Il suggère une nouvelle voie pour l’étude des milieux sociaux peu habitués à écrire sur eux-mêmes.

Louis Hincker est docteur en histoire contemporaine et maître de conférences à l'Université de Valenciennes et du Hainaut-Cambrésis. Il est membre du conseil d'administration de la Société d'histoire de la Révolution de 1848 et des révolutions du XIXe siècle, ainsi que du comité de rédaction de la Revue d'histoire du XIXe siècle.

Extrait du livre :
Dans les années 1860, un historien et un poète dialoguent sur un passé récent qui ne passe pas. Ils disent l'illisibilité d'un événement, juin 1848, déclarent leur sentiment d'angoisse devant la fin du magistère des hommes de lettres, guides du peuple. Ils s'en remettent à la seule forme d'élucidation possible : le livre, dont ils attendent qu'il leur révèle ce qu'ils ne comprennent pas. Reste l'incertitude sur l'auteur possible d'un tel ouvrage.

Près de cent cinquante ans ont passé, un historien rend hommage à l'un des pères de la discipline, celui du dialogue précédent. Optimiste, il voit dans l'écriture du passé la solution au silence de l'histoire. Il entérine l'écart irréductible entre élites et peuple, repousse toute interrogation en terme de cause finale. Mais un philosophe, son contemporain, souligne les effets idéologiques des partis pris esthétiques de l'écriture de l'histoire : pas de paroles restituées, mais leur nouvelle captation par l'historien. Le style indirect, qui bannit le dialogue, n'est pas né du silence, mais au contraire d'un trop-plein de discours. L'historien aurait substitué la visibilité à l'illisibilité et créé le silence dont il avait besoin pour écrire son propre livre.

Au lendemain de juin 1848, un prévenu revendique sous la contrainte. Son interrogatoire retranscrit ses motivations ; il n'a pas écrit ce qu'il dit. Son propos est archivé par les autorités. Trente ans plus tard, un ancien prévenu d'insurrection espère enfin une forme de réhabilitation, du moins une reconnaissance auprès des nouvelles autorités qui se montrent bienveillantes. Il pense avoir droit à un devenir. Il a écrit lui-même sa lettre.

Ces citations mises en exergue introduisent autant d'éléments de continuité que de discontinuité. À bien les lire, si les historiens et les hommes de lettres se disent préoccupés du peuple, la réciproque ne va pas de soi. On retiendra malgré tout un même souci de la mise en mots, quel que soit le locuteur, quel que soit le moment d'écrire. C'est sur celui-ci que porte notre travail.

Partager cet article

Repost 0

Commenter cet article